L'ÉDITION 2020

Rétrospective des Trophées 2013 - 2018

Kigali | Rwanda

Le mot d'Abderrahmane Sissako
Président d'honneur des Trophées Francophones du Cinéma

 

En 2020, en raison de la situation sanitaire et compte tenu du report de nombreuses sorties cinéma, la soirée de Gala des Trophées Francophones du Cinéma s'est tenue sous forme de rétrospective à Kigali.

Afin de répondre au mieux à ses nouvelles ambitions de développer et renforcer l’ancrage local des Trophées au sein du pays hôte, l’ATFCiné a pris la décision en 2019 d’organiser 2 éditions de suite au sein d’un même pays. Après 2020, les Trophées Francophones du Cinéma s’installeront une nouvelle fois à Kigali en 2021 pour y organiser leur 7ème édition dans son format habituel.



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C'est un immense honneur de m'adresser à vous et un plaisir de vous annoncer la nouvelle édition des Trophées Francophones du Cinéma.

La pandémie qui nous frappe toutes et tous, sans distinction, et qui touche particulièrement notre monde - celui de la création artistique -, nous a appris que nous vivons dans un monde plus que jamais fragilisé. Elle nous apprend également, comme dans cette rencontre des Trophées, que c'est unis dans notre riche diversité que nous avançons mieux.

Dans ce contexte, il est primordial de se concentrer sur nos valeurs communes et ce qui nous rassemble : l’amour de la langue française, la passion du cinéma et l’envie de les partager.

​Cette année charnière sous forme de rétrospective nous propose de replonger dans le passé pour mieux préparer le futur. Nouvelle étape dans l’itinéraire des Trophées, Kigali accueille cette année la Soirée de Gala. Cette ville bouillonnante et férue de culture sera le terreau fertile de nouvelles idées et inspirations cinématographiques.

​Le Rwanda, après le Sénégal, nous ouvre ses portes dans un esprit de partage. Au nom de tous nos partenaires et ami·e·s, je les remercie de nous accompagner dans cette période de transition. En « marquant le coup » malgré les difficultés, nous prouvons ensemble que, quand il s’agit de culture, rien n’est impossible.

​Je vous souhaite à toutes et tous une très belle soirée et vous donne d’ores et déjà rendez-vous à Kigali en décembre 2021 pour vivre pleinement la 7ème édition !

La Cérémonie

La Cérémonie, articulée en cette année particulière sous forme de Soirée de Gala Rétrospective, eu lieu le 5 décembre 2020 au cinéma Canal Olympia - Cultural Village Rebero de Kigali.

Elle était animée par deux maîtres de cérémonie d'exception : Davy Carmel Ingabire et Michèle Irakunda. Les deux personnalités rythmeront la soirée et ses moments forts dont la remise des Trophées d'Honneur au réalisateur Joël Karekezi et à la comédienne Isabelle Kabano.

La Cérémonie était suivie de la projection du film de Mamadou Dia Le Père de Nafi. La projection de ce film sénégalais a symbolisé le passage de témoin entre Saint-Louis du Sénégal (dernière ville hôte des Trophées Francophones du Cinéma) et Kigali.

Les Maîtres de Cérémonie

Davy Carmel Ingabire

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Mannequin et icône radiophonique au Burundi, Davy Carmel Ingabire est contraint de fuir son pays natal en 2015 suite à la situation politique tendue. Il vit depuis à Kigali où il poursuit sa vie professionnelle entre mode et médias. Maître de Cérémonies expérimenté, il conduit des interviews lors d' événements internationaux télévisés comme La Piste de la Francophonie en 2019 et le Sommet des Chefs d'Etat de l'Union Africaine en 2016.

Davy Carmel Ingabire tient un des rôles principaux de la web-série à succès Impanga et anime l’émission Le Miroir sur Rwanda TV (RBA) qui vise à inspirer les jeunes à travers les réussites professionnelles de différentes personnalités. Une manière d’appeler les jeunes Africains à croire en leur capacité.

Michèle Iradukunda

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Michèle Iradukunda est journaliste, présentatrice et productrice pour RTV et Radio Rwanda (RBA), les chaînes de radio et de télévision nationales, ainsi que pour Magic FM, une chaîne radio plutôt dédiée aux jeunes, où elle produit et anime une émission journalière abordant des thèmes de la pop culture comme la musique, le cinéma, la gastronomie, etc.

Co-présentatrice de l'émission showbiz et entertainment Samedi Détente à la Radio Rwanda, elle côtoie les stars locales et internationales venues parler de leur carrière musicale, cinématographique, des défis qu'ils rencontrent, etc.



 

Trophées d'honneur

Lors de chaque édition, les Trophées Francophones du Cinéma rendent hommage à un.e cinéaste du pays d'accueil. Exceptionnellement en 2020, deux personnalités rwandaises sont mises à l'honneur: la comédienne Isabelle Kabano et le cinéaste Joël Karekezi.

Isabelle Kabano

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Isabelle Kabano, née au Burundi de parents rwandais, est journaliste de formation, danseuse professionnelle et comédienne confirmée. Elle révèle tout son talent dans le film Petit Pays d’Éric Barbier, adaptation du roman éponyme de Gaël Faye. On a également déjà pu la voir dans des films relatant l’histoire du Rwanda comme Sometimes in April (2005) de Raoul Peck, Opération Turquoise (2017) d’Alain Tasma ou J’ai serré la main du Diable (2007) de Roger Spottiswoode. 

Très tôt sur scène grâce à son papa directeur d’une troupe de théâtre, Isabelle Kabano joue la comédie, collabore à la mise en scène... et danse. C'est sa manière de perpétuer la culture rwandaise. Elle est d’ailleurs recrutée dans une troupe de danse traditionnelle professionnelle, Intare Cultural Troup, en 1994 lors de son retour au Rwanda, pays de ses ancêtres. Ce qui lui vaut de partir en tournée internationale. 
 
C’est plus tard, en 2004, qu’elle découvre le cinéma. Dans Petit Pays, son rôle d’Yvonne, mère rwandaise exilée au Burundi, puis confrontée au génocide des Tutsis fait écho à sa propre vie et aux femmes qui l’ont toujours entourée. C’est peut-être une des raisons pour laquelle Isabelle Kabano l’incarne avec tant de force. Au point, à la fin du tournage, d'avoir du mal à laisser partir son personnage. Elle explique sur le plateau de Davy Carmel Ingabire :

« J’étais une doublure en fait, ça devenait un peu compliqué même à la maison, partout. Je devenais une doublure, je gardais sa coiffure, je gardais sa coquetterie, je ne savais plus qui j’étais. Il paraît que ça se passe comme ça avec tous les acteurs quand ils ont un personnage. Ça se passe comme ça au théâtre aussi avec moi. J’ai des difficultés à sortir du personnage et de l’histoire. » 

La marque de fabrique d’une grande interprète, et le Festival du Film Francophone d'Angoulême ne s’y est pas trompé, récompensant Isabelle Kabano du Valois de la meilleure actrice pour Petit Pays en septembre 2020.

Joël Karekezi

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Né au Rwanda en 1985, Joël Karekezi obtient son diplôme de réalisateur à l’école de cinéma Cinecours en 2008 et sort, dans la foulée, son premier court métrage. Il revient sur ses débuts pour Cinevox en 2019:
 
« J’avais envie de raconter des histoires et j’étais passionné de cinéma. Le cinéma pouvait m’aider à comprendre des choses, à comprendre mon histoire. J’ai produit mon premier court métrage, Le Pardon, dans le cadre du Maisha Film Lab, un atelier créé par Mira Nair. Le film traitait du génocide contre les Tutsis. J’avais envie de me poser la question : est-ce que le pardon est possible ? Le film revenait sur la nécessité de faire des sacrifices pour pouvoir faire avancer notre société. »

Gagnant du prix Golden Impala au festival de film Amakula en Ouganda et sacré meilleur court métrage au festival africain du court métrage de la Silicon Valley en 2010, Le Pardon donnera lieu à son premier long métrage, Imbabazi (Le Pardon), projeté lui aussi dans de nombreux festivals.

Bien installé sur la scène du cinéma international, Joël Karekezi réalise un documentaire, Portrait of Reconciliation, en 2016. En 2018, il revient avec The Mercy of Jungle (La Miséricorde de la jungle) traitant cette fois de la deuxième guerre du Congo et mettant en scène Mark Zinga, Stéphane Bak... et la jungle, qu'il rend cruelle et poétique à la fois. Présenté au Festival de Toronto et au Festival International du Film Francophone de Namur, The Mercy of Jungle remporte également l’Etalon d’or de Yennenga au FESPACO 2019.

Projection officielle

LE PÈRE DE NAFI (Baamum Nafi)
de Mamadou Dia

Sénégal - 2019 - 107min

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Fiche technique : 
Scénario : Mamadou Dia 
Photographie : Sheldon Chau
Montage : Alan Wu
Composition : Gavin Brivik
Interprétation : Alassane Sy, Saïkou Lô, Aïcha Talla
Producteur : Maba Ba

Synopsis :
Un imam modéré d’une petite ville du nord du Sénégal combat son frère extrêmement religieux et puissant à propos du mariage de leurs enfants.


 

Sélection et prix : ​

  • Festival International du Film de Locarno (2019) - Prix Best First Feature, Prix Golden Leopard - Filmmakers of the PresentFestival International du Film Francophone de Namur (2019) - Prix découverte

  • Luxor African Film Festival (2020) - Prix Fipresci

  • Festival de Cinéma de la Ville de Québec (2020) - Prix AQCC Critics

  • Festival du Film d'Atlanta (2020) - Special Jury Prize

Rencontre avec Dora Bouchoucha

Dora Bouchoucha

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Rencontre, organisée autour de la production cinématographique, entre la productrice tunisienne Dora Bouchoucha et des professionnels du cinéma et de l’industrie créative au Rwanda.

Figure incontournable du cinéma en Tunisie et à l’international, Dora Bouchoucha fonde sa société de production Nomadis Images (La Voie normale, Weldi, Omertà, Corps étrangers, Hedi, un vent de liberté…) en 1995. Elle crée et dirige l’association Sud Écriture qui vise à former des auteurs africains et arabes. Par ailleurs, elle s’investit dans différents festivals de cinéma à l’international et dirige, entre 2008  et 2015, les Journées Cinématographiques de Carthage à Tunis. En 2017, elle est élue membre permanent du comité de CineMart rattaché au Festival International du film de Rotterdam. Dora Bouchoucha était membre du jury à la dernière Mostra de Venise.



Vendredi 04/12 à 18h00 à l’hôtel Serena - Kigali